«

»

Nov 27

3 questions à … Olivier Zara

Interview de Olivier Zara

1. Comment définiriez-vous l’intelligence relationnelle sur le Web ? Quelles sont les complémentarités entre intelligence relationnelle et intelligence collective ?

Dans un cadre professionnel, l’intelligence relationnelle est l’art de construire des relations humaines de qualité, constructives et créatives, pour faciliter la performance individuelle et collective. L’intelligence relationnelle donne la capacité à un manager de comprendre une situation relationnelle pour pouvoir y apporter une réponse comportementale adaptée. C’est un facteur d’équité, d’équilibre et de performance.

On doit faire preuve d’intelligence relationnelle aussi bien en face à face que sur le Web. C’est pourquoi, je n’ai pas de définition spécifique à proposer pour l’intelligence relationnelle sur le Web. On oppose et on opposera encore pendant plusieurs années le monde réel et le monde virtuel (Internet). Or, chaque jour, on voit ces 2 mondes faire beaucoup plus que co-exister l’un à côté de l’autre. En fait, ces 2 mondes s’imbriquent. Il y a un continuum dans les démarches, les actions et surtout les relations, les interactions. Il n’y a plus qu’un seul monde. Internet ne fait pas partie de la réalité virtuelle, il est notre réalité au quotidien !

Développer son intelligence relationnelle permet d’améliorer la qualité des relations humaines au sein d’une équipe. Elles permettent d’obtenir une performance collective supérieure à la somme des performances individuelles pour certaines activités manuelles ou répétitives : appliquer une procédure, mettre à jour un document ou une base de données, …. Cependant, il arrive parfois qu’on se retrouve devant une situation inconnue, une page blanche, un problème inconnu, … en particulier dans le cadre de la gestion d’un projet. Pour faire face aux problèmes dans lesquelles on ne dispose ni de solutions connues, ni de procédures à appliquer, il est nécessaire de manager l’intelligence collective. Il s’agit d’organiser des coopérations intellectuelles au sein de l’équipe et avec les parties prenantes. Dans certaines situations, il faut donc savoir passer de l’intelligence relationnelle à l’intelligence collective. Ce billet explique la différence entre intelligence relationnelle et intelligence collective. Pour en savoir plus, je vous invite à lire « Le guide pratique de l’intelligence relationnelle ».

2. Quelles sont les clés de la gestion de sa réputation numérique aujourd’hui ?

Pour un professionnel, gérer sa réputation numérique repose sur 3 actions principales :

  1. Construire son réseau de références
  2. Surveiller sa réputation
  3. Défendre sa réputation

1 – Depuis bien longtemps, les recruteurs et employeurs évaluent la réputation d’un professionnel à partir de ses références et de leurs recommandations (orales ou écrites du type lettre de recommandation).

Pour être efficace dans la gestion de vos références, il faut les organiser en réseau. Un réseau de références est très différent d’un réseau de contacts. Il est donc important de construire 2 réseaux :

Votre réseau de contacts

Il s’agit de votre carnet d’adresses : toutes les personnes avec qui vous avez été en contact au moins une fois en face à face ou en virtuel. Ce réseau vous permettra de retrouver vos références et d’obtenir des mises en relation pour trouver un emploi, des clients, des experts ou des partenaires.

Votre réseau de références

Il s’agit de vos références sociales et professionnelles, qu’on pourrait aussi appeler votre réseau de confiance. Ce réseau vous aidera pour faire avancer votre carrière au sein de l’entreprise dans laquelle vous travaillez actuellement, mais aussi bien sûr pour une future recherche d’emploi.

Notre réseau de références est constitué de l’ensemble de nos références sociales et professionnelles. Ce réseau est informel et invisible, mais il existe ! Il est donc nécessaire de le rendre visible à travers des recommandations, afin de le faire connaître aux personnes dont nous avons besoin pour faire avancer notre vie professionnelle (prospects, recruteurs, managers,…).

Toutes les personnes que vous connaissez peuvent potentiellement faire partie de votre réseau de références. Il s’agit de vos managers, collaborateurs, collègues, clients, fournisseurs ou partenaires. Vous pouvez également inclure vos professeurs si vous êtes jeune diplômé, ainsi que toutes vos références sociales (amis, associations/réseaux, lecteurs de votre blog,…).

2 – Voici les 2 principales règles pour bien surveiller sa réputation numérique :

Une surveillance permanente

Réagir rapidement Lorsqu’on cite votre prénom et votre nom sur Internet, il est important de réagir rapidement pour vérifier que le contenu publié correspond à votre image de marque. Plus vous attendez, plus le contenu sera lu par un nombre croissant d’internautes. Ce contenu peut également être dupliqué à l’infini et échapper à votre contrôle.

3 – On peut être amené à défendre sa réputation numérique dans les 3 cas suivants : – Atteinte à la vie privée – Atteinte à l’image – Délits dits « de presse » : injure ou diffamation.

Pour aller plus loin, je vous invite à visiter mon blog.

3. Comment arbitrer entre identification, anonymat et pseudonymat sur Internet ? Enfin pourriez-vous nous présenter CV 2.0, un service qui va au-delà des sites de réseaux sociaux, notamment pour la centralisation des recommandations à l’encontre d’un collaborateur ou collègue ?

Sur Internet, il est important de protéger son identité personnelle (données personnelles) et de promouvoir son identité professionnelle (prénom, nom, aptitudes métier, compétences et qualités).

Quand vous agissez sur Internet dans le cadre de votre sphère personnelle, l’anonymat et le « pseudonymat » sont préférables. Par contre, quand vous agissez sur Internet en tant que professionnel, il est préférable de vous identifier avec votre prénom et votre nom. C’est le seul moyen de vous faire connaître (promotion de votre identité professionnelle) et de vous faire reconnaître (promotion de votre réputation professionnelle à travers votre réseau de références).

Quant à CV 2.0, il s’agit d’une solution de gestion des références professionnelles au même titre que ses deux concurrents : Naymz.com et Repvine.com. Les réseaux sociaux, comme LinkedIn ou Viadeo, sont des solutions de mise en relation (gestion de votre réseau de contacts), mais ils proposent aussi un système de gestion de vos références grâce à leur système de recommandations. Effectivement, CV 2.0 va au-delà de ces réseaux car il apporte une réponse à trois problèmes :

1. CV 2.0 est un système ouvert qui permet d’utiliser les éléments de sa réputation professionnelle sur différents services (réseaux sociaux, CV en ligne,…) ou support (papier). Tout comme eBay, LinkedIn est un système fermé. LinkedIn n’a en effet pas d’intérêt à laisser ses utilisateurs utiliser leurs recommandations sur Viadeo ou Xing.

2. Certains auteurs, comme Hervé Bommelaer dans son livre « Booster sa carrière grâce au Réseau« , recommandent de ne pas avoir trop de recommandations sur LinkedIn. Sinon personne ne les lira. Pour éviter le problème des recommandations trop nombreuses, donc trop longues à lire, CV 2.0 propose un système de recommandations visuelles sous forme de 3 à 9 tags par recommandation. Ces tags se regroupent dans un nuage de tags sur 3 dimensions (aptitudes métier, compétences et qualités humaines). Ainsi, que l’on ait 10 recommandations ou 1 000, on peut les visualiser sur une seule page et en extraire les éléments essentiels en un clin d’oeil. Utile pour les recruteurs ! Exemple sur ce CV 2.0. http://tinyurl.com/cv20-tags

3. CV 2.0 propose également la possibilité de rajouter à une recommandation visuelle (tags), une recommandation C.A.R. aussi appelée Recommandation « action réussie ». C.A.R. signifie : Contexte de l’action, description de l’Action réussie, Résultats obtenus). Seul le format C.A.R. est reconnu par les professionnels de l’évaluation des compétences.

27 novembre 2008

Olivier Zara est blogueur et fondateur de cv-20.com. Entrepreneur passionné par les technologies de l’information et par les évolutions du management dans une économie du savoir, il est auteur de « Guide pratique de l’intelligence relationnelle », « Le management de l’intelligence collective, Vers une nouvelle gouvernance », M21 Editions, 2ème édition, mai 2008 ainsi que « Le guide du Personal Branding » à paraître début 2009 chez Eyrolles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser les balises HTML suivantes : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Captcha *