1. Les dirigeants politiques en France parlent de plus en plus de « souveraineté numérique » dans les discours mais celle-ci reste timide dans les faits. Quel est votre constat en la matière ? Et que faudrait-il faire pour réellement être souverain sur l’ensemble de la chaîne de valeur du numérique ?
Je réponds qu’aucun responsable politique ne contribue réellement à la souveraineté numérique.
Je n’ai pas confiance dans le politique pour résoudre ces enjeux (à part une ou deux « exceptions »), et il a bien d’autres problèmes à prioriser…
Le politique n’écoute pas France Stratégie et la Cour des Comptes depuis trop longtemps. Il n’écoute pas non plus les PME, et se laisse bercer par les investisseurs et fiscalistes qui artificialisent le marché.
Le politique n’a pas de plan national depuis 50 ans en matière de numérique.
Nombre de conseillers sont affairistes et complaisants.
Le politique devrait protéger les PME innovantes, mais il crée un contexte de désorganisation constant, c’est mon observation depuis 2008, je le regrette et ne saurais mentir.
En résumé, on n’a pas trouvé comment faire, beaucoup d’argent est dépensé, mal dépensé, et le rendement n’est pas bon.
Dans mon métier, 99 % des acheteurs publics utilisent Teams ou YouTube, alors je préfère me taire pour ne pas être désagréable.
En ne donnant aucun conseil, la situation ne peut sans doute que s’améliorer (sourire).
Néanmoins, vous noterez que je ne suis pas fermé : si un responsable politique souhaite un dialogue sans langue de bois, je répondrai présent.
2. Vous avez saisi l’importance de la vidéo et développé depuis plusieurs années une solution très complète Empreinte.com pour les webinaires professionnels avec des fonctions qui font défaut à beaucoup d’outils mainstream. En quoi votre solution est révolutionnaire ? Vous annoncez par exemple supporter 1 000 personnes en direct. Pourriez-vous revenir sur votre tableau comparatif et quand on voit la richesse fonctionnelle qui est proposée, comment vous situez vous en matière de prix ?
Pourquoi est-il important d’avoir des logiciels de visioconférence européens au meilleur niveau industriel ?
La visioconférence (logiciel et en mode SaaS) en Europe représente 7 milliards d’euros en 2026 et 9 milliards en 2030. 95 % du marché sont captés par les acteurs américains (Teams, Zoom, etc.) et c’est très problématique :
– pour le développement de notre capacité industrielle
– pour notre balance des paiements et notre économie
– pour la confidentialité de nos données et de nos échanges (…)
Je vous invite à lire notre étude.
L’étude place notre solution parmi les plus modernes et industrielles avec des fonctions qui matchent face aux Américains et avec des portages comme une application pour Nextcloud (plateforme de collaboration en ligne auto-hébergée) et des plug-in pour Proton (add-on Empreinte Live pour Proton Calendar (Firefox, Edge, Chrome, Opera)).
L’App Empreinte Live pour Nextcloud Calendar est disponible ici.
Nous travaillons maintenant à la dimension industrielle (voir notre analyse, lien plus haut) qui demeure indispensable pour rivaliser avec les solutions américaines, que nous dépassons en termes de fonctionnalités, voir notre tableau comparatif.
Il demeure des problèmes – qui ne dépendent pas de nous – et continuent à freiner le marché :
1. Les éditeurs français ne jouent pas le jeu : ils favorisent des solutions gratuites (Jitsi, BBB par exemple) très inférieures en qualité et se livrent une petite guéguerre qui nous fait dire qu’il est plus simple de travailler à l’étranger. Les soi-disant « suites souveraines françaises » sont aussi fermées que l’écosystème Microsoft !
2. Les clients et grands donneurs d’ordre ne sont pas très innovants ni curieux, ils devraient normalement l’être mais tout le monde trouve normal de parler de souveraineté sur Teams et YouTube, alors que nos solutions ne sont pas plus chères que Zoom ! C’est encore un « discours » qui manque d’actions concrètes, ce qui explique aussi notre domination, en raison de cette inaction.
3. Les investisseurs et grands intermédiaires (ESN) restent bien frileux alors que le marché n’est pas une hypothèse. Ils attendent de sauter dans le train en marche, mais n’achètent pas leur ticket à la gare ! Cela est assez surprenant, mais tout le monde semble absorbé par l’IA alors que de nombreux segments de marché sont plus pragmatiques.
Il faut avant tout que les Français se prennent en main. Ce n’est pas parce qu’il existe cinq ou six éditeurs que cela constitue une solution, cela suppose un peu de volontarisme de la part des éditeurs, acheteurs, intermédiaires dont beaucoup pensent pouvoir faire sans, d’autres par eux-mêmes, ou plus tard : en conséquence, le marché français est en retard, en retrait face à la Norvège, la Suède, l’Allemagne, la Suisse, etc.
Venez nous voir pour qu’on change cela !
3. Dans le cadre des grands événements comme la coupe du monde de football aux Etats-Unis ou les élections présidentielles françaises, quels peuvent être des cas d’usage de votre solution ? Quid des liens avec les solutions en matière d’IA pour le présent et l’avenir ?
En effet, en cas de grandes diffusions internationales, notre système de rediffusion live Stream a fait ses preuves et permet aussi de rediffuser simultanément sur plusieurs réseaux, mais cela se prépare en amont ; même Zoom a averti ses clients que la chose n’était pas gratuite (plus de 100 000 $) et demandait un temps de préparation.
Concernant l’IA, notre solution permet de paramétrer soi-même les ressources (SST, TSS, Agent) pour bien démontrer que le cap de la faisabilité est dépassé depuis longtemps. Notre logiciel Visio (version Pro) intègre l’IA davantage que n’importe quel autre.
Quant aux usages, on peut considérer que deux interfaces sont pertinentes pour l’IA : la page web pour des usages principalement asynchrones (recherche, aide à la production, etc.) et synchrones avec la visioconférence qui permet aussi d’introduire des agents en tant que « participants » (reconnaissance d’image, aide professionnelle, traduction, etc.) et là, les usages sont nombreux, on n’en fera pas la liste ici !
Ce qui est certain c’est que disposer d’une solution de visioconférence ouverte est un enjeu précieux en termes de faisabilité, modélisation, sécurité et d’autres dimensions clés.
François Caron est CEO d’Empreinte.com, éditeur de solutions vidéo et webinaires. Francois Caron est un pionnier européen des médias numériques. Visionnaire, il pilote depuis plus de 30 ans l’innovation au sein de l’entreprise avec son équipe d’ingénieurs experts des technologies vidéo et réseaux. Il a préfiguré depuis 25 ans les innovations audiovisuelles désormais courantes : vidéo en ligne, live streaming, visioconférence, réseaux hybrides, multicloud, IA vidéo.
François Caron est un fervent défenseur des solutions européennes, convaincu de la nécessité de disposer de savoir-faire indépendants pour la fiabilité et la sécurité des communications et échanges de données des organisations.








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