La 10e édition de Vivatech, qui s’est tenue du 17 au 20 juin 2026 et avec comme fil rouge l’IA, a attiré plus de 200 000 visiteurs, ce qui constitue un nouveau record. 60 pays étaient représentés officiellement via des pavillons et 1 155 speakers recensés. Contrairement aux années passées, elle se déroulait sur 3 étages (Halls 7.1 à 7.3) à la Porte de Versailles avec un dispositif de queue inédit de près de 500 mètres depuis l’intérieur. Au siècle dernier, il fallait être vu lisant Le Monde. Désormais, il faut être vu à Vivatech… Même si le pays invité d’honneur était l’Allemagne, c’est plus l’Inde qui disposait du plus grand pavillon national, renforcé par la présence du Premier ministre Modi. En effet, des tensions au Moyen-Orient, ont pu limiter la présence de certains pays de la région. Cela s’est traduit par une extension du stand initialement prévu pour l’Inde, le pays le plus peuplé de la planète depuis 2024 récupérant des espaces vacants.
Du reste, le caniveau – terme technique du salon pour désigner l’espace au sol qui abrite dessous les câblages – a été recouvert d’un tapis pour le passage du Premier ministre indien même si celui-ci n’a été foulé que quelques secondes. « Il est important de noter » comme disait ChatGPT 3.5 que le protocole et le système de castes demeurent très importants en matière de diplomatie. Cela en dit long sur le contraste entre tradition et modernité qui sont indissociables.
Géopolitique du numérique et grands acteurs
Parallèlement aux conférences où il convient de prolonger l’expérience Vivatech pendant plusieurs jours (pour écouter en replay les conférences données au même moment pour celles qui le sont avec les Jeff Bezos, Yann Le Cun & co), nous pouvions noter de grands stands souvent hébergeant des start-up partenaires ou repérées dans le cadre d’un programme : Orange, Le village by CA qui est toujours un nid à belles start-up, EssilorLuxottica avec la technologie appliquée à la vision, le luxe et la beauté avec L’Oréal et LVMH, Caisse des Dépôts juste à côté de La Poste tels Renault et Nissan juxtaposés au Mondial de l’automobile. Ou encore Airbus, Engie, Total et le CEA dans le domaine de l’énergie.
La Chine n’avait pas de pavillon à proprement parler tout comme les Etats-Unis (qui disposaient d’AWS, d’IBM, de Microsoft et d’une présence diffuse de Nvidia pour ne citer que quelques géants emblématiques sans compter les acteurs qui prennent de l’importance tels Snowflake) alors que nous relevions la présence de Hong Kong et Taiwan. Cependant les champions chinois que ce soit pour la robotique (Unitree, Agibot) ou la tech au sens large étaient présents (Foxconn avec ses automobiles, Tencent Cloud). Les robots deviennent d’ailleurs de plus en plus légers, agiles et humanoïdes et attirent toujours les visiteurs tels les mouches en proie au vinaigre.
Alors que le Proche et le Moyen-Orient restent des zones en perpétuelle tension, avec des conflits parfois même importés sur notre sol, Abraham in Tech est une initiative bienvenue. Dédiée au développement de l’innovation entre religions au service de la paix et portée par la dynamique des Accords d’Abraham, elle réunit à ce jour 33 start-up dont 15 d’Israël, 12 du Maroc et 6 des Emirats arabes unis, engagées dans la coopération technologique et le dialogue interculturel.
L’IA omniprésente
Tout est IA qui, rappelons-le, est une branche du numérique avec pour ingrédients les algorithmes et les données, du moins pour les IA génératives. Au sein de celles-ci, nous avons l’IA agentique. Elle n’est plus une promesse mais une réalité. On voit déjà des agents qui orchestrent plusieurs modèles, allouent des tâches et interagissent avec des outils métiers en temps réel. C’est une vraie révolution dans le travail et la productivité qui en découle avec un raccourcissement des temps de développement.
Les lunettes de soleil connectées co-brandées Ray-Ban et Meta étaient présentées mais il valait mieux prendre rendez-vous du fait de leur succès. Elles comportent une caméra pour photos et vidéos, ainsi que des hauts parleurs et 5 micros. Elles permettent de passer des appels, d’écouter de la musique et de recourir à Meta AI pour la traduction, l’analyse d’images ou poser des questions (en anglais Hi Meta …). Elles disposent de 32 Go de capacité de stockage, soit environ 1/4 de la capacité d’un iPhone d’entrée de gamme, ont une connexion Wi-Fi et Bluetooth. Souriez, vous êtes filmés !
L’entreprise Notion de San Francisco qui fête ses 10 ans poursuit son évolution avec l’IA : génération de contenu, recherche intelligente (Notion Q&A), transcription de notes. L’intégration avec les autres outils (Google Drive, Slack, GitHub, Jira, etc.) reste naturelle et des connexions via API peuvent être ajoutées facilement. Le modèle agentique arrive (Notion AI Agent), ce qui permet d’avoir un agent conversationnel qui orchestre différentes IA pour fluidifier également le travail collaboratif.
Neuralk (neuralk-ai.com) [qui fait indéniablement penser à Neuralink mais avec le in gommé], fondée en 2024 et incubée à Station F, était présente sur les stands AWS, French Tech et Orange. Elle développe le premier Tabular Foundation Model conçu pour les besoins prédictifs des entreprises, en particulier dans le commerce et la distribution. La start-up propose un modèle pré-entraîné, utilisable sans configuration ni entraînement additionnel, capable de traiter instantanément des tâches de classification, régression et prévision de séries temporelles avec une précision de niveau industriel. Pensée pour les données structurées (qui alimentent les ERP, CRM, catalogues produits ou historiques de ventes), la technologie de Neuralk permet aux entreprises d’adresser des cas d’usage critiques tels que la prévision financière, la segmentation client, la détection de fraude, l’optimisation des prix, l’enrichissement de catalogues ou encore la gestion des stocks. La promesse est de taille : un seul appel API remplace des semaines de travail d’un data scientist ! Exit l’ingénierie de features et les itérations fastidieuses inhérentes au machine learning traditionnel.
Optivalue est un éditeur français d’IA souveraine spécialisé dans l’automatisation des réponses à des questionnaires complexes : appels d’offres, audits de sécurité, due diligence, questions parfois pointues de conformité (RGPD, ISO 27001, NIS2, DORA – mais pas l’exploratrice) ou simplement questionnaires de satisfaction clients à exploiter. Basée à Sophia Antipolis et fondée en 2019, l’entreprise compte environ 30 personnes. Sa plateforme analyse la base documentaire de l’entreprise et génère en quelques minutes des réponses complètes, sourcées et vérifiables (document, page avec horodatage et sources associées). Contrairement aux LLM généralistes, Optivalue s’appuie sur des Domain Specific Language Models (DSLM) et 89 agents experts par domaine, ce qui élime les hallucinations. En effet en l’absence d’information, la plateforme indique clairement le manque plutôt que d’inventer une réponse comme certains LLM.
Datadog, plateforme de supervision pour les environnements cloud et hybrides, permet de corréler logs, traces et métriques au sein de tableaux de bord personnalisables, ce qui donne une visibilité complète sur la stack IT. Fondée à New York en 2010 par 2 Français, l’entreprise comprend 6 000 environ personnes. Ses avancées récentes portent sur l’observabilité de l’IA devenue critique avec l’explosion des charges de travail des LLM et GPU. Datadog propose désormais du GPU monitoring afin de suivre l’utilisation GPU, de mémoire, la température, les erreurs et la consommation énergétique et corréler ces données pour optimiser l’allocation des moyens, réduire les coûts et détecter les GPU éventuellement défaillants, etc. La plateforme couvre également le monitoring des agents IA. L’enjeu central est l’optimisation des coûts IA qui explose dans les budgets informatiques (par exemple identification des GPU sous-utilisés).
Onepoint présentait sa plateforme agentique Neo (un nom souvent utilisé dans le monde numérique tout comme les projets qui s’appellent Socrate et qui contrepèterie oblige ne marchent souvent guère). Cette solution repose sur des agents dédiés à l’allocation dynamique du travail afin d’optimiser les processus métiers. Le recours à la dataviz avec une cartographie est élaborée pour la priorisation des flux prioritaires dans l’automatisation. Neo peut être déployé en interne ou sur l’infrastructure Microsoft du fait d’un partenariat stratégique entre Onepoint et l’écosystème Azure.
Frogans, présent pour la 4e année consécutive, arrive avec une solution d’univers de publication tout écran, tout contenu. La 2e étape du développement de cette alternative au Web était l’intégration de l’informatique spatialisée, vers laquelle nous migrons progressivement et qui se traduit aujourd’hui en réalité augmentée avec des casques de type Meta Quest ou Apple Vision Pro. Nous avons la 3e étape qui se superpose, celle des IA génératives qui permettent en promptant de transposer les contenus actuels d’un site Web en une série de sites Frogans très rapidement. Il s’agit de recontextualiser des contenus pour cibler des audiences différentes en créant un écosystème de sites thématiques spécialisés à impact, avec des adresses simples. Les sites Frogans peuvent ainsi créer des expériences éditoriales thématiques et ultra-ciblées à partir d’un riche historique de contenus web. La technologie est plus que jamais à suivre pour la grande bascule prévue.
Sur le stand Orange était hébergé Supervizor. Il s’agit d’une solution d’audit financier automatisé qui détecte de manière exhaustive les anomalies comptables et transactionnelles : arrondis incohérents, erreurs, doublons, écarts de quantités, incohérences fournisseurs/clients, etc. La plateforme analyse l’intégralité des écritures comptables et des flux opérationnels pour identifier les risques, renforcer la conformité et fiabiliser les processus internes. Elle s’appuie sur 2 piliers, des modèles de données unifiés permettant une vision propre, normalisée et exploitable de l’ensemble des données comptables et achats d’une part et une supervision des opérations afin de contrôler les actions des équipes, détecter les écarts de procédure et améliorer la qualité des traitements. Grâce à plusieurs levées de fonds, Supervizor connaît une forte croissance et compte aujourd’hui environ 60 collaborateurs.
Upscale, basée à Lille au sein d’Euratechnologies, conçoit des solutions de jumeau numérique avec IA et réalité augmentée pour le contrôle à distance, la surveillance et la maintenance prédictive. L’entreprise compte une petite équipe en France et une vingtaine de collaborateurs au Liban. Ses technologies permettent de modéliser des environnements industriels, de superviser des opérations en temps réel et d’anticiper les risques. Elles s’appliquent notamment à la logistique de fluides industriels (par ex. transport d’hydrogène liquide), aux infrastructures critiques, à la maintenance d’équipements sensibles (via la détection d’anomalie et la prédiction de pannes) et même à la formation immersive (serious games).
Robotique et technologies physiques
La Poste mettait en avant des innovations très opérationnelles pour les facteurs. Parmi elles, une paire de lunettes connectées permettant d’assister le postier lors de la remise d’un colis. En scannant le code à barres d’un colis, les lunettes affichent automatiquement les informations du destinataire, facilitent la prise de contact, enregistrent la preuve de livraison et génèrent un compte rendu enrichi pour fiabiliser les données utiles aux tournées futures. C’est une manière d’alléger la charge cognitive – alors que les années passées nous avions des exosquelettes pour les opérationnels manipulant des colis pouvant aller jusqu’à 30 kg – tout en améliorant la qualité de service.
La Poste présentait également une démonstration de transport de colis assisté, réalisée en partenariat avec Wanderkraft. Cette solution robotisée accompagne le facteur dans ses déplacements, réduit l’effort physique et optimise la logistique du dernier kilomètre, notamment en milieu urbain dense.
L’entreprise autrichienne CycloTech développe CycloRotor, un système de propulsion révolutionnaire notamment pour le domaine aérien. Celui-ci est particulièrement étudié d’un point de vue aérodynamique et écoulement de l’air.
Sur le stand de l’Estonie, GaltTec propose des piles à combustibles pour des drones pour des usages variés (défense, livraison, etc.) avec des conditions d’utilisation plus extrêmes pour la température mais surtout une plus grande autonomie surtout pour la solution de recharge en éthanol où le facteur est supérieur à x 10.
Deeptech, quantique et matériaux avancés
Alice & Bob, qui développe un système quantique tolérant aux fautes – l’un des plus avancés en Europe – présentait sa solution Helium via 4 petits stands hébergés chez différents partenaires du salon (Bpi France, île-de-France, FrenchTech, Inria). Du reste on pouvait observer la montée en puissance du quantique avec un espace entièrement dédié (Quantum Zone) dans lequel intervenait Olivier Ezratty, Monsieur Quantique France.
Tout comme Alice & Bob sur le salon, les robots Miroki et Miroka, dotés de visages capables d’exprimer des émotions et développés par la start-up Enchanted Tools, étaient présents à 3 endroits : INRIA, PwC et Microsoft.
Côté quantique, HiQuTe Diamond (hiqute-diamond.com), spin-off du CNRS forte de 7 brevets, a développé une technologie de séparation laser du diamant permettant de produire des composants de nouvelle génération destinés à l’électronique avancée et aux applications quantiques. Dans un contexte où les matériaux à base de silicium atteignent leurs limites et où l’industrie cherche des solutions plus durables, HiQuTe mise sur le diamant comme matériau clé de la prochaine révolution technologique, capable de répondre aux besoins croissants en performance tout en réduisant l’impact environnemental. Avec une quarantaine de clients et plusieurs millions de chiffre d’affaires engrangé, la start-up dispose d’un site industriel à Gennevilliers et accélère sa montée en puissance.
Biomemory, dont la promesse de valeur est hautement disruptive (stockage de données sur de l’ADN, les brins étant disposés dans des puits scellés dans des cartes de 40 puits), poursuit son développement. L’entreprise vient d’acquérir Catalog, société américaine basée à Boston et pionnière du traitement de données sur ADN assurant une complémentarité technologique. Cet achat stratégique permet d’accélérer la structuration de son offre actuellement en phase d’industrialisation pour des cas d’usage à haute valeur en matière de protection des données critiques.
[Avec Laurent Guengant, le nouveau CEO de Biomemory]
Luchrome, entreprise basée à Pessac en Nouvelle-Aquitaine, révolutionne le design produit des écrans électroniques grâce à une nouvelle génération de dispositifs imprimés, flexibles, économiques et ultra basse consommation. Leur technologie, entièrement additive et sans métaux ni ressources rares, permet de produire des afficheurs légers, écologiques et compétitifs à grande échelle. Ces écrans, personnalisables et compatibles avec l’IoT, peuvent être configurés à distance et s’intègrent facilement dans de nombreux environnements. Parmi les cas d’usage phares : des afficheurs pour les entreprises permettant de visualiser en temps réel des informations telles que les niveaux de stock ou l’état d’un processus interne. A ses côtés, la deeptech Co-idea, spin-off de l’Inria, développe une technologie de vidéo interactive pour l’industrie afin d’aider les opérateurs à monter en compétences lors des différentes étapes de montage d’un élément (drone, moteur, boîte de vitesse, batterie, etc.) de façon didactique pas à pas. L’explication des gestes à réaliser permet de réduire les erreurs lors du montage et d’améliorer la qualité ce qui a un impact financier directement chiffrable.
Toujours en Nouvelle-Aquitaine, Optikan, start-up de 7 personnes, développe des systèmes d’imagerie dite ‘see-through’ pour sonder la matière de façon sûre, non destructive, volumétrique et sans contact grâce au procédé des ondes millimétriques. Leurs produits permettent d’explorer les propriétés des matériaux, d’inspecter des pièces complexes, de contrôler la qualité en production ou encore de valider des modèles dans des environnements industriels exigeants. Les appellations rappellent la logique d’Apple avec le i troqué en u et une deuxième lettre avec une majuscule : uSense, uFrame, uCore. uSkan. Les cas d’usage sont variés (aéronautique, ferroviaire, bâtiment, archéologie, recyclage).
Data4, opérateur français fort de 20 ans d’activité dans l’Essonne à Marcoussis – où les joueurs de l’équipe de France ne sont pas les seuls à se mettre au vert – a annoncé l’ouverture d’un dixième campus dans les Hauts-de-France à Escaudœuvres. Celui-ci deviendra à terme le plus grand d’Europe avec 2 400 personnes et une capacité de 700 MW.
Souveraineté et alternatives françaises voire européennes
Un espace dédié à la souveraineté était notable (avec Linagora, Whaller, Jamespot, Treebal, Clever Cloud, etc.) qui étaient face à un grand stand OVH. Il a du reste attiré de nombreuses personnalités politiques de tous bords comme me l’ont relaté leurs CEO respectifs, la souveraineté devenant un enjeu économique majeur. On regrettera cependant que l’audition d’Arthur Mensch, patron de Mistral, fort heureusement enregistrée, n’ait été suivie que par 2 députés !
ChapsVision, créée en 2019, est rapidement montée en puissance. Avec son CEO Olivier Dellenbach, une croissance très forte via des acquisitions a été orchestrée avec un chiffre d’affaires de plus de 200 millions et un groupe d’environ 1 200 employés, des bureaux dans 7 pays et 2 000 clients. La plateforme a d’ailleurs été choisie en remplacement de l’américain controversé Palantir, signe tangible de l’importance de la souveraineté tout comme le choix récemment effectué par l’Ecole polytechnique qui a tourné le dos à Microsoft Office 365.
Hébergée sur le stand La Poste, la solution de paiement Wero pour le transfert d’argent était présente. Il s’agit d’une entreprise belge qui monte via le consortium European Payments Initiative (EPI) pour les virements instantanés de compte à compte via numéro de téléphone, adresse mél ou QR code. C’est une alternative souveraine face aux géants Visa, Mastercard et aux big tech.
ClickNCrypt, jeune spin-off du CEA créée en 2025, valorise plus de 15 ans de R&D et un portefeuille de 15 brevets pour protéger les données même pendant leur traitement. En effet quand un calcul est effectué sur les données, celles-ci doivent alors être déchiffrées, ce qui les expose à des risques d’attaque y compris par des analyses automatisées par des IA malveillantes. La technologie retenue repose sur le chiffrement homomorphe. Celui-ci permet d’effectuer des calculs directement sur des données chiffrées sans jamais les révéler. Ainsi les données restent inexploitables pour un attaquant même si elles sont compromises. En outre chaque opération peut être réalisée avec des chiffrements différents, ce qui réduit les tentatives de corrélation. Les cas d’usage concernent les secteurs à forte exigence de confidentialité : défense, santé, finance, télécoms et industries sensibles (analyse de données, collaboration sécurisée sur des documents, données réglementées).
Du côté de l’intelligence économique, Sahar est une plateforme française d’analyse et de renseignement qui aide les organisations à protéger leurs actifs face aux menaces cyber et informationnelles. Conçue pour les environnements sensibles, elle unifie la collecte de données issues du Web, des réseaux sociaux et du dark web (!) afin de produire des données de renseignement exploitables. L’entreprise combine logiciels d’investigation, analyses de risques et accompagnement IA (notamment pour la conduite du changement de ses clients) pour détecter les signaux faibles, surveiller les menaces et soutenir la décision dans les secteurs à forts enjeux (défense, sécurité, énergie, finance).
Yann Lechelle en marge de Probabl côté IA propose un indice de résilience numérique. Digital resilience initiative (https://digitalresilienceinitiative.org). aDRI est une association à but non lucratif fondée pour promouvoir l’indépendance technologique et la souveraineté numérique des entreprises européennes en association avec Caisse des Dépôts. Le but est de permettre aux entreprises et aux organisations publiques de mesurer, piloter et réduire leurs dépendances numériques critiques.

[ici avec Yann Lechelle et Luc Julia]
Innovations pour l’inclusion, la santé, l’environnement et l’industrie
Lili for Life, basée à Rouen et créée pendant l’année du covid, propose une solution pour faciliter la lecture pour les personnes dyslexiques dont le nombre s’élève à 10 % selon l’OMS. Le dispositif repose sur un éclairage à effet stroboscopique modulé (intensité et fréquence ajustables) selon les particularités propres à chacun qui est doté d’un profil visuel spécifique. Le but : améliorer la compréhension, renforcer la concentration et réduire la fatigue. Une diminution du temps de lecture de 20 % est constatée. Ce chiffre est à rapprocher du tiers temps accordé lors des examens aux élèves en situation de handicap. C’est aussi un levier de performance pour les entreprises et un aspect RSE.
Melia (du grec ancien qui signifie le frêne, arbre fragile et en voie d’extinction), hébergée sur le stand CIC, valorise des déchets en granulés combustibles pour des ressources énergétiques locales et la diminution de l’empreinte carbone tout en permettant de diversifier les sources d’énergie renouvelable. C’est une alternative durable dans l’économie circulaire aux combustibles traditionnels. Avec des brevets et des levées de fonds, la start-up parisienne créée en 2023 de 10 personnes est bien lancée.
L’île Maurice, plus petit pays ayant un stand, s’est d’abord enrichie grâce à la culture de la canne à sucre avant de se diversifier d’abord avec le tourisme puis tous azimuts. 8 entreprises ont été retenues par le gouvernement et son ministre des technologies, de la communication et de l’innovation parmi lesquelles Breedj qui comprend 300 collaborateurs. Dopée à l’IA, la plateforme recrute des talents en Afrique pour des missions offshore avec un modèle économique inclusif : 50 % pour la tech, 50 % pour le back office alors que le ratio usuel est de 90/10.
Dans la région Sud, SmarTeen est une solution développée en partenariat avec Samsung. C’est un outil de contrôle parental destiné aux 8-14 ans. Il permet de paramétrer l’usage du smartphone (de 40 minutes à 2 heures selon l’âge, géolocalisation, configuration des horaires de mise en veille, tableau de bord de suivi, bouton SOS pour appeler les parents en cas d’urgence, blocage des réseaux sociaux). Cette solution pragmatique est toujours préférable à une interdiction qui se répercutera de façon liberticide avec un contrôle généralisé affectant également les adultes ! Et comme souvent, les solutions de terrain et de bon sens sont plus efficientes que des normes ou des contraintes bureaucratiques qu’elles soient françaises ou bruxelloises. Notons aussi Fluiidd, deeptech fondée en 2023 et basée à La Ciotat. Elle développe SCAN42 qui est une technologie d’analyse des écoulements industriels avec recours à de l’IA embarquée dans le domaine de l’industrie 4.0. La particularité est l’utilisation d’imagerie ultrarapide pour capturer jusqu’à 32 000 images par seconde pour une analyse en temps réel des écoulements (liquides, gaz, solides) avec une précision de plus de 97 %. Issue de développements en lien avec le CEA, SCAN42 décèle des bulles d’air, des corps étrangers, des écoulements anormaux. Il s’agit d’une maintenance prédictive permettant de réduire les pertes énergétiques coûteuses et pouvant atteindre 30 %. Les cas d’usage de cette entreprise d’une douzaine de personnes sont l’optimisation des systèmes de refroidissement, la surveillance en temps réel des pompes et vannes, la détection d’encrassement des tuyaux.
Holofin, jeune start-up parisienne créée en 2025 et comprenant 6 personnes, a développé une technologie d’extraction documentaire de nouvelle génération. Elle permet de transformer automatiquement des documents PDF (relevés bancaires, factures, formulaires complexes) en données structurées et propres et directement exploitables dans un CRM ou outil métier. Contrairement à un LLM, Holofin s’appuie sur un mélange de computer vision, de reconnaissance de caractères (OCR) de précision, d’analyse de mise en page, et d’IA agentique, ce qui permet d’éviter les hallucinations en ancrant chaque donnée extraite à sa source visuelle. Chaque élément découpé est traçable pour permettre de garantir transparence, auditabilité et conformité. Le langage Hololang, dédié aux règles financières, est utilisé. Cette start-up a une réelle valeur ajoutée pour fiabiliser et automatiser les workflows documentaires tout en réduisant les erreurs pour des secteurs comme la fintech, la banque, l’assurance ou l’immobilier.
Atmosphere est un produit développé par ora.vision qui a de la gueule. Start-up made in France créée en 2023, elle développe des sphères immersives en résine avec un système d’affichage interactif permettant une vision à 360 degrés. Un contenu 4K peut être projeté sur toute la surface du globe avec un tarif certes élevé (15 K€) pour des usages pros mais amortissable. Les clients sont variés et beaucoup côté musées, marques et espaces de démonstrations, pour des événements et festivals ou encore des parcs thématiques.
AuxR GreenLab (auxrgreenlab.fr) est un incubateur du technopôle d’Auxerre, au cœur de la région Bourgogne-Franche-Comté. Il accompagne les entreprises innovantes du territoire en leur mettant à disposition un fablab dédié au prototypage ainsi qu’un écosystème d’experts et de partenaires. Le technopôle a ainsi soutenu plus de 30 start-up dans leur développement.
Ecosystème et opportunités de rencontres
Vivatech constitue toujours des opportunités de rencontres avec des personnalités du numérique qui sont ou seront dans l’annuaire Numérikissimo.
Les entreprises Hivenet (dans le soft) et PoliCloud (dans le hard avec des unités de stockage réparties sur les smartphones et PC sous-utilisées par des particuliers) fondées par David Gurlé deviennent à présent entités d’un groupe plus large et cohérent, Antimatter. Cette structuration s’accompagne de l’acquisition de l’entreprise du Texas Data Factory historiquement dans le domaine du minage du bitcoin et qui fait un pivot stratégique. Il s’agit en effet d’alimenter en énergie PoliCloud, renforçant l’intégration verticale et la résilience énergétique de ce groupe décacornable* [* 10 x licornable].

[ici avec David Gurlé, CEO de Hivenet et de PoliCloud, Bruno Sportisse, Directeur Général de l’Inria]
Nous avons aussi les « bébés Mistral » avec LightOn, Scaleway dans le cloud et qui du fait de la commande publique passe à la dimension supérieure ou encore Probabl.
Enfin la spin-off repérée voici 3 ans, BeFC, livre ses premiers produits sur le marché et est passée à 30 personnes.









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