Le temps d’attention disponible, naguère passé derrière la télé, s’est déplacé sur PC puis sur smartphone.
Mark Zuckerberg a évoqué la mort de la connexion humaine sur les réseaux sociaux. Elle constituait la base de la création de ces nouveaux acteurs sur Internet. Les usages qui ont explosé au début des années 2010 ont bien changé. Désormais les utilisateurs interagissent pour plus de la moitié du temps avec des créateurs de contenu, voire des bots et non plus avec des relations humaines connues y compris des liens faibles au sens de Granovetter. L’auteur Thierry Crouzet parle même de transition vers les « silos sociaux » pour évoquer les plateformes qui enferment sa communauté de contacts avec des migrations difficiles vers d’autres outils, des algorithmes opaques avec une captation de données à des fins principalement commerciales. L’objectif étant de maximiser l’attention disponible et de la monétiser.
Nous sommes collectivement passés de la consultation du smartphone avec le scrolling pour voir ce que faisaient nos amis à regarder des publications d’inconnus qui sont virales. C’est la tiktokisation des esprits avec parallèlement un temps de connexion derrière les écrans qui s’est accru.
C’est l’algorithme qui choisit pour nous, en fonction de nos centres d’intérêt supposés et de l’envie du moment, le contenu qui doit être affiché dans la timeline de l’utilisateur.
En somme les inconnus sont devenus plus forts que nos amis en matière de RoI : J’aime, commentaires, partages. Et ceci est accentué dans tous les cas par le caractère clivant des publications qu’elles soient humaines ou non.
Le fil social a laissé place au fil personnalisé, où l’individu n’est plus au centre : c’est son attention qui l’est progressivement devenue.
Désormais, avec les contenus générés par les IA, le processus se poursuit.
Nous avons ainsi vécu 3 phases :
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- Contenu créé par des amis
- Contenu créé par des inconnus mis en valeur par les algorithmes des réseaux sociaux
- Contenu créé par une IA et qui s’insère dans votre timeline à l’endroit optimisé pour maximiser votre engagement
[image générée par une IA]
Le processus va se poursuivre avec la 4e phase, celle des agents conversationnels et l’IA agentique. Nous assisterons à des avatars numériques autonomes agissant à la place des utilisateurs réels. Demain, un agent pourra aimer, commenter, publier ou répondre à votre place pour maximiser votre visibilité ou celle de votre marque. Et même des IA conversant entre elles pour optimiser notre attention. Nous avons déjà sur Instagram selon cette logique algorithmique poussée à son paroxysme et à la quête d’existence numérique : par exemple des comptes de chiens et certains qui sont même abonnés à d’autres comptes de chiens, ce qui peut sembler étonnant, voire absurde.
Il convient d’être conscient de ces évolutions mais aussi de comprendre globalement le principe de fonctionnement des algorithmes en étant alerté quant aux risques de manipulation. Cette illusion de proximité avec des IA que d’aucuns pensent réelles pourrait se muer en une ultra moderne solitude derrière l’écran. D’où éduquer à l’information et responsabiliser sans interdire mais aussi pour l’écosystème numérique français, développer des initiatives éthiques. Ces enjeux ne sont pas seulement individuels mais aussi collectifs. Il importe de bâtir une souveraineté numérique indépendante des solutions américaines et chinoises. Ceci aurait des conséquences économiques profitables pour la France.
La nouvelle frontière des réseaux sociaux n’est plus de connecter les individus, mais de préserver la part humaine dans un écosystème où l’IA devient un acteur social à part entière.







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3 Commentaires
Cette article décrit bien ce qui se passe dans le monde des réseaux sociaux que je dirai « traditionnels » des BigTech et je pense que tu n’as pas oublié grand chose.
Sauf peut-être de dire qu’il existe encore des réseaux sociaux et plus particulièrement ceux du Groupe Smartrezo qui sont tout le contraire de ce que tu viens de décrire.
Le modèle économique est différent de toutes ces plateformes BigTech. Sur nos plateformes 100% françaises, il n’y a aucun traçage, pas plus de publicités ou de contenus ciblés. C’est aux internautes d’aller chercher les informations qui les intéressent, mais pour les aider à découvrir autre chose que leurs thématiques habituelles, ils trouvent en page d’accueil de la partie média de chaque plateforme, les sujets partagés par nos membres premium. Ces Membres Premium sont des Entreprises, des associations, des collectivités, des producteurs, TOUS Acteurs Locaux dans leur Territoire.
Il devient urgent que vous arrêtiez tous de ne parler UNIQUEMENT des Réseaux Sociaux qui pourrissent notre société tout en favorisant l’économie mondialiste qui appauvrit nos territoires ruraux en occultant totalement nos solutions. Ce refus depuis une dizaine d’années de parler de nos solutions souveraines, font que les principaux intéressés que sont les entreprises de toutes tailles, tout comme les collectivités impactées par la disparition de leurs Acteurs Locaux, n’ont pas la possibilité de découvrir nos solutions.
Pour preuve que nous n’existons pas pour vous tous les souverainistes numériques français, vous refusez tous de rajouter une alternative souveraine française à vos outils de communication. Il suffit dans ton cas David, de regarder les pictos de tes réseaux sociaux pour constater qu’ils sont tous US.
Pour conclure, merci de m’avoir envoyé le lien de ton article, et comme tu peux t’en douter, je n’y apprends rien, puisque c’est justement les raisons qui m’ont conduit à créer mon réseau souverain Smartrezo.com
Cordialement,
Bien vu David cette représentation en 4 phases. Peut-être manque-t-il la 5e où on va tirer le rideau sur les médias sociaux qui sont de moins en moins sociaux et pas seulement par la faut des algorithmes qui ont bon dos.
La prochaine étape sera-t-elle la disparition du dernier chaînon : l’utilisateur final ? On n’aurait plus alors de des machines socialisant avec d’autres machines :-).