1. Pourriez-vous présenter MissionMe, ses fonctionnalités, son modèle économique, son originalité par rapport à ses concurrents ? Comment comptez-vous passer à l’échelle en France ? Visez-vous un développement à l’international et pourquoi ?
MissionMe est l’app gratuite et solidaire qui permet de demander ou d’offrir de l’aide partout, en générant des dons pour des associations.
L’ambition en France est de devenir la plateforme de référence de “l’entraide du quotidien”. Elle permet de faire une demande d’information ou de service géolocalisé et de notifier les membres à proximité. Tout cela s’effectue sous forme de mission (petite annonce avec titre + description + vocal + photos) ou d’un appel téléphonique ou via WhatsApp.
Avec MissionMe vous contactez et demandez un coup de main à un inconnu, n’importe où dans le monde. Notre spécificité est d’une part d’être centré sur le « coup de main » spontané et gratuit (pas de prestations de service ni de prestataire professionnel) et d’autre part de décloisonner géographiquement l’entraide. Nous permettons en effet à chacun de s’affranchir des prés carrés des groupes locaux Facebook ou NextDoor et aussi de sortir de l’entre-soi des groupes WhatsApp. Nous voulons devenir le one-stop-shop du coup de main entre voisins et entre « lointains » 🙂
Notre développement s’appuie sur trois piliers :
- 1. Le grand public : en activant des communautés qui ont déjà des besoins et une culture d’entraide et notamment à distance (expatriés, voyageurs, étudiants, motards, réseaux solidaires…) ;
- 2. Les grandes entreprises (surtout celles qui rayonnent à l’international) : en proposant son offre RSE/QVCT d’entraide inclusive entre collègues et de soutien d’associations par le don ;
- 3. Les associations : en leur proposant MissionMe comme outils d’affectation des missions en interne (dispatch des aidants sur les missions de visites), comme moyen original de collecter des dons (si un membre rend service à la communauté MissionMe, le don est fléché vers son association), comme outil de diffusions de ses événements auprès de la communauté MissionMe.
L’international est naturellement dans l’ADN de MissionMe car la géolocalisation s’affranchit des frontières administratives. Plus le besoin d’aide est lointain, plus MissionMe est utile et efficace. Cependant notre actualité immédiate est notre campagne de crowdfunding, dont l’objectif est de finaliser le prototype de l’app MissionMe pour mars 2026.
2. Depuis la Covid, les frontières vie pro/vie perso ont été abolies et nous sommes passés d’une obligation de moyens à une obligation de résultats. Comment jugez-vous ces évolutions dans une situation à présent non transitoire mais ancrée dans le monde phygital ? Comment la transformation digitale a-t-elle révolutionné ces changements ?
Sur un plan personnel, et en tant qu’acteur du numérique, je trouve que cette évolution vers le phygital (certes un peu violente) a apporté beaucoup de positif dans les mentalités trop ampoulées des entreprises françaises (du fait de mes origines anglosaxones peut-être).
Les outils de collaboration étant dorénavant matures, cette évolution a apporté selon moi, de l’efficacité pour l’organisation, du confort de travail pour le salarié et probablement plus d’équité dans le traitement des salariés. Le revers de cette médaille porte sur le relationnel évidemment. Moins de présence physique équivaut à une distension des liens interpersonnels entre collègues et hiérarchiques.
MissionMe apporte justement une solution pour le premier volet. Elle permet aux salariés de s’entraider sans se connaître (et à distance) et de créer des opportunités de se rencontrer « dans la vraie vie » par rapprochement géographique. MissionMe a d’ailleurs toujours eu cette ambition de mettre la technologie au service de l’humain en favorisant l’intervention d’un humain pour son compte à distance et en créant des opportunités d’échanges, d’entraide et de rencontre entre humains.
3. Votre objectif est de « rendre l’entraide accessible à tous et partout ». En quoi MissionMe répond à cet objectif ? Et que conseilleriez-vous pour réduire la fracture numérique chez les seniors, les personnes éloignées des villes et les catégories sociales défavorisées ?
En effet, MissionMe « rend l’entraide accessible à tous et partout » en offrant une application gratuite avec des fonctionnalités faciles à utiliser. Si on ajoute la géolocalisation, elle rend donc possible l’accès à une aide gratuite partout, notamment dans les zones rurales ou éloignées des villes.
Concernant la réduction de la fracture numérique, MissionMe ne vise pas directement les seniors, car il existe un mur générationnel dans l’usage du smartphone et des apps mobiles que l’on ne peut pas complètement dépasser. De notre côté, l’accès à notre plateforme via un site web, sera plus approprié pour ces personnes, dans une vision à moyen terme. Mais la solution à privilégier pour l’utilisation du numérique par cette population, reste, à mon avis, de s’appuyer sur des aidants locaux pour les accompagner (associations, réseaux solidaires…).
En revanche, 77 % des Français possèdent un smartphone (et c’est 54 % pour la population mondiale). La très large possession de ce moyen de communication même dans les zones rurales ou chez les catégories sociales défavorisées permet de rapprocher ces populations du reste du monde.
Emmanuel Canavelis est CEO de MissionMe. Il compte plus de 25 ans d’expérience dans la vente de logiciels BtoB Smart City et Santé. Il a occupé des postes de responsable du développement commercial dans des groupes technologiques et est expert en lancement de marchés et partenariats stratégiques. Avec MissionMe, il développe des solutions solidaires innovantes, collaborant avec de nombreuses associations, telles que Protection Civile, Première urgence Internationale ou Apprentis d’Auteuil. Grâce à cette application mobile, il combine entrepreneuriat solidaire et mobilisation citoyenne. Son objectif est de « rendre l’entraide accessible à tous et partout ».






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