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Nov 22

Numérique et sortie de crise à l’Assemblée nationale

Cette journée sous le haut patronage de Fleur Pellerin a été animée par le think tank Renaissance numérique à l’Assemblée nationale avec le soutien de Google, Webformance, Microsoft, Groupe Interaction, Yahoo!, Viadeo, Médiamétrie et PagesJaunes.

Numérique et sortie de crise

La députée (PS) Corinne Erhel a introduit la journée en soulignant l’importance du numérique, enjeu transversal pour la société. Elle s’est attachée aux logiques ascendantes dans le cadre de l’aménagement du territoire. Puis la députée (UMP) Laure de la Raudière a pris le relais en pointant que très peu de politiques s’intéressent à la question numérique. Et qui plus est, ces parlementaires sont plus dans l’aménagement du territoire et l’infrastructure que dans la création de valeur, les usages, la formation. Peu sont conscients du bouleversement du modèle économique existant : exemples de la musique, de la presse aujourd’hui. Elle a indiqué qu’il ne fallait pas sous-estimer Amazon qui modifie le commerce du fret. Amazon pourrait étendre ses services au commerce de la grande distribution en France. Nous devons avoir un esprit de conquête dans le monde du numérique. Et avons besoin de faire du marketing viral dans notre société y compris au niveau des élus. Laure de la Raudière a pointé le rapport Gallois, intéressant mais qui fait une impasse complète sur le numérique.

La ministre Fleur Pellerin dans son message vidéo a indiqué la volonté de construire un dialogue avec les acteurs du numérique. Trois réunions similaires ont été faites les deux jours précédents à Nantes, à Marseille et à Bordeaux. Pour elle, la diffusion du numérique est un puissant levier de redressement de la situation économique. Le numérique est une vraie chance. Le modèle de croissance est fondé sur l’innovation et le numérique. 2 % de la commande publique de l’Etat sera réservée aux PME innovantes d’ici 2020.

Guillaume Buffet, co-président de Renaissance numérique, a rappelé que les gains de compétitivité par l’usage du numérique n’étaient pas assez mis en avant et qu’il existait un énorme potentiel de croissance.

Un hashtag a été utilisé sur Twitter pour relayer les échanges lors de la journée : #nocrise

Benoît Cassaigne, Directeur exécutif de Médiamétrie, a communiqué quelques chiffres et réflexions sur les usages des foyers français. 75,2 % des foyers sont équipés d’un ordinateur (+ 2,5 % en 1 an, l’augmentation est lente). Les multi-équipés représentent 32,8 % de la population (ceci est corrélé au nombre d’enfants et à la CSP, +2,9 % en 1 an). Plus de 10 % des foyers ont une tablette et les smartphone atteignent 56 % des individus. Le profil des connectés se rapproche de plus en plus de la population française. Les non-accédants à Internet représentent encore 7 millions de foyers.  Les foyers non numériques correspondent à 7,5 % de la population, les foyers de plus de 65 ans sont en première ligne. Toutefois une partie de la population est résistante à avoir Internet chez elle alors qu’elle l’utilise de façon professionnelle. Il serait intéressant de connaître le rapport à Internet dans leur métier.

Numérique et sortie de crise

Des groupes thématiques ont planché pour délivrer au final 19 mesures concrètes, faciles à mettre en œuvre et sans surcoût pour les finances publiques en s’appuyant autant se faire se peut sur des structures existantes.

Une synthèse des travaux a été exposée en fin de journée avec, il est à noter des convergences entre les commissions qui planchaient sur des sous-thèmes numériques différents.

A Marseille, le Social NeXtwork a su être mobilisé. 3 mesures retenues sur une cinquantaine d’idées :

Mesure #1 : Créer une campagne nationale et la relayer localement, ce peut être un moment fort de sensibilisation sur l’entreprise et le numérique. L’administration doit également prendre conscience de tous ces enjeux. Le relais pourrait être effectué par les membres du Social NeXtwork. Et aussi par des organismes adéquats déjà existants.  Il existe des structures mais pas connues et pas utilisées. Il est nécessaire de faire connaître et de cristalliser.

#2 : Mettre le numérique en priorité dans les formations en entreprise. Le niveau des collaborateurs fait peur et ils craignent ce secteur. L’idée est d’ouvrir ces formations à tous les secteurs en se formant à la stratégie numérique de l’entreprise. Ceci passerait par l’allocation d’un minimum formation pour rendre celle-ci obligatoire. Le numérique représentant 3 % du PIB, on pourrait imaginer qu’allouer 3 à 10 %du budget formation au numérique permettrait d’avoir un levier intéressant.

#3 : Créer un baromètre du niveau de numérisation des entreprises. Il n’est pas possible d’avoir un pilotage sans tableau de bord. Ceci serait confié à l’observatoire du numérique qui existe déjà.

A Bordeaux, 3 autres mesures ont été proposées :

#4 : Créer une structure d’accompagnement pour des réponses à appels d’offres (on constate un émiettement au niveau des acteurs économiques de la région, très axée sur l’aéronautique par exemple). Il ne s’agit pas de créer une nouvelle structure mais de faire l’interface entre PME innovantes et grands comptes. Par exemple Projet Loire Atlantique. Un pourcentage de l’ensemble des marchés publics serait mis en place pour l’ensemble des acteurs numériques (nouveaux usages autour de la ville intelligente).

#5 : Créer de la visibilité via des « grappes » (ce qui normal à Bordeaux, pays du Château Pétrus) d’entreprises numériques auprès des grands groupes.

#6 : Favoriser l’émergence d’un écosystème entre le monde de la recherche et de l’entreprise.

A Nantes, les 3 mesures proposées sont :

#7 : Renforcer l’accueil des acteurs privés dans les espaces publics numériques en contrepartie d’une sensibilisation des agents publics territoriaux. Il s’agit d’un engagement citoyen des entrepreneurs qui serait gagnant-gagnant et à faible coût.

#8 : S’inspirer des incubateurs existants pour les étendre à toutes les structures universitaires avec un système de parrainage. Sensibiliser les professeurs au sein des structures étudiantes.

#9 : Accompagner les décideurs publics dans l’évaluation des dossiers de financement.

Trois groupes à Paris ont débattu en parallèle ce jour à l’Assemblée nationale.

Groupe 1 : Susciter toutes les vocations avec le numérique : du stage à la création d’emplois et d’entreprises. Pas traiter le numérique en tant que tel mais le numérique comme un accélérateur de la transformation de la société.

#10 : Réaliser une émission de télévision déclinée sur le web à fréquence hebdomadaire  sur les chaînes du service public (le but est d’augmenter la compréhension des effets positifs du numérique, de donner de la visibilité aux réussites, de susciter des vocations).

#11: Avoir l’achat public comme accélérateur du développement des TPE/PME innovantes. (avec le cap en terme d’un seuil de chiffres d’affaires à passer).

#12 : Equiper et former les bénéficiaires du RSA et faire mieux connaître les métiers du numérique aux missions locales et à Pôle Emploi.

 

Groupe 2 : Former et éduquer au numérique : la rencontre des compétences et de l’emploi. Le constat est le décalage entre la formation faite et les besoins des entreprises.

#13 : Créer une discipline informatique et sciences du numérique. Un premier pas a été franchi avec l’option informatique et sciences du numérique en classe de Terminale scientifique mais celui-ci est timide et devrait être généralisé dans un premier temps à toutes les classes de terminales avant de l’étendre bien avant dans la scolarité comme c’est le cas de l’apprentissage de l’anglais par exemple.

#14 : Créer des passerelles de sensibilisation aux métiers du numérique pour les élèves et les professeurs (le problème est que ces formations n’attirent plus ; on constate par ailleurs un manque de féminisation dans ces formations). Le projet 1 h/1 école où un professionnel du numérique va expliquer les métiers du numérique est évoqué.

#15 : Créer un diplôme d’Internet (dans les filières courtes) avec comme échéances : 2013, adaptation des diplômes existants, 2014, DUI et licences professionnelles, 2015, BTS et DUT.

 

Groupe 3 : Activer l’appropriation de nouveaux usages : le numérique est accélérateur de lien social. 67 mesures ont été faites au sein de ce groupe, 4 ont été retenues. Un travail des usages plutôt sur les entreprises qu’au niveau du grand public a été fait. Avec le choix de commencer par les TPE/PME, acteurs qui créent de la valeur.

#16 : Proposer un kit numérique créateur d’entreprise (6 mois après la création de l’entreprise, lui proposer une formation au numérique qu’il ait ou non créé un site web et organiser sa présence numérique).

#17 : Adapter le statut du télétravail (revoir, simplifier).

#18 : Nommer des correspondants numériques locaux pour les TPE/PME (rencontrer des correspondants pour inciter à passer au numérique). A l’image des CIL… Plusieurs intermédiaires sont évoqués : passer par du public, des CCI, le Social Nextwork…

#19 : Développer le M gouvernement (possibilité d’avoir accès à des services publics en mobilité car le premier accès à Internet sera à brève échéance par mobile). Développer l’accès au service public sur mobile au-delà de Proxima Mobile.

Guillaume Buffet a conclu en soulignant la nécessaire mobilisation autour du numérique en France avec une étincelle à créer et le fait que le Social NeXtwork pouvait constituer un vecteur puissant de viralité. Et les députées Laure de la Raudière et Corinne Erhel ont également rebondi sur ces 19 propositions jugées pertinentes.

(1 commentaire)

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  1. loic gervais

    Merci pour ce retour. ce que je retiens de ces 19 propositions c’est le rôle qu’ont déjà les Espaces Publics Numériques notamment concernant l’appropriation des usages. Il me semble utile du coup d’être plus pédagogue sur ce que sont nos missions. Bref, billet à suivre comme on dit dans ces cas là 🙂

  1. « Le numérique pour sortir de la crise », bilan à l’Assemblée Nationale | Laurent COLLIN

    […] Numérique et sortie de crise à l’Assemblée nationale (David FAYON) […]

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